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Décret Tertiaire EHPAD 2030 : vos obligations énergétiques décryptées

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⚖️ RÉGLEMENTATION

Décret Tertiaire EHPAD 2030 : vos obligations énergétiques décryptées

Les EHPAD sont soumis au Décret Tertiaire depuis 2021. Réductions obligatoires de 40 % en 2030, jalons intermédiaires, calculs spécifiques au secteur médico-social et stratégies de conformité : découvrez comment préparer votre établissement aux obligations réglementaires.

Sommaire
  1. Qu'est-ce que le Décret Tertiaire et comment s'applique-t-il aux EHPAD ?
  2. Quels sont les jalons obligatoires et les échéances pour les EHPAD ?
  3. Comment calculer la réduction énergétique pour un EHPAD ?
  4. Quelles actions prioritaires pour atteindre les objectifs d'un EHPAD ?
  5. Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité au Décret Tertiaire ?
  6. Questions fréquentes

Plus de 7 400 EHPAD en France doivent réduire leur consommation énergétique de 40 % d'ici 2030 selon le Décret Tertiaire. Cette obligation réglementaire, entrée en vigueur en 2021, concerne tous les établissements médico-sociaux dépassant 1 000 m² de surface utile. Pourtant, de nombreux gestionnaires d'EHPAD ignorent encore les jalons précis, les méthodes de calcul imposées et les risques financiers en cas de non-conformité.

Le secteur médico-social présente des spécificités énergétiques uniques : occupation 24h/24, besoins de chauffage et d'eau chaude sanitaire élevés, ventilation continue pour la qualité de l'air. Ces contraintes rendent la trajectoire de réduction plus complexe à planifier que pour un bureau ou un commerce. Mais elles ouvrent aussi des opportunités de financement via les Certificats d'Économie d'Énergie (CEE), qui peuvent couvrir 40 à 60 % du coût des travaux.

Cet article décrypte les obligations du Décret Tertiaire pour les EHPAD, les échéances clés, les méthodes de calcul réglementaires et les stratégies concrètes pour atteindre la conformité tout en optimisant vos investissements énergétiques.

Qu'est-ce que le Décret Tertiaire et comment s'applique-t-il aux EHPAD ?

Le Décret Tertiaire impose à tous les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² une réduction progressive de leur consommation énergétique. Les EHPAD, classés comme établissements médico-sociaux à occupation continue, sont pleinement assujettis à cette réglementation depuis le 1er octobre 2021.

Le Décret Tertiaire (décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019, dit "Décret BACS" ou "Éco Énergie Tertiaire") s'inscrit dans la loi ELAN et la stratégie nationale bas-carbone. Il fixe des objectifs contraignants de réduction des consommations d'énergie finale pour l'ensemble du parc tertiaire français. Pour les EHPAD, cette réglementation s'applique dès lors que la surface de plancher dépasse le seuil réglementaire, qu'il s'agisse d'un établissement public, privé à but non lucratif ou privé commercial.

Selon le ministère de la Transition écologique, les bâtiments à usage tertiaire hébergeant des activités de soins et d'hébergement médico-social sont explicitement inclus dans le champ d'application du dispositif. Les EHPAD sont classés comme bâtiments à occupation continue, ce qui impacte directement la méthodologie de calcul des objectifs de réduction et la sélection des actions prioritaires adaptées à leurs contraintes opérationnelles.

La responsabilité de la conformité est partagée entre le propriétaire du bâtiment et le gestionnaire (ou exploitant). En pratique, c'est le gestionnaire de l'EHPAD qui doit déclarer les consommations sur la plateforme OPERAT de l'ADEME et démontrer l'atteinte des objectifs. En cas de copropriété ou de bail commercial, une convention de partage des obligations peut être établie entre les parties.

Périmètre du Décret Tertiaire pour les EHPAD

Tous les EHPAD dont la surface de plancher est supérieure ou égale à 1 000 m² sont assujettis au Décret Tertiaire. Cette surface s'apprécie au niveau de l'ensemble des bâtiments exploités par un même assujetti sur une même unité foncière ou un même site fonctionnel. Ainsi, un EHPAD composé de plusieurs bâtiments distincts mais gérés par la même entité voit leurs surfaces cumulées pour apprécier le seuil d'assujettissement.

Les bâtiments annexes (locaux techniques, garages, espaces de stockage non chauffés) peuvent être exclus du calcul sous certaines conditions. En revanche, les espaces communs, les salles d'activités, les cuisines et les locaux administratifs sont intégralement comptabilisés. Les EHPAD disposant de bâtiments classés monuments historiques peuvent bénéficier de dérogations partielles, sous réserve de justification auprès de l'ADEME.

Objectifs de réduction énergétique spécifiques

Selon le ministère de la Transition écologique, les objectifs de réduction s'appliquent en valeur relative par rapport à une année de référence ou en valeur absolue (seuil de consommation en kWh/m²/an défini par type d'activité). Pour les EHPAD, l'objectif peut être atteint par l'une ou l'autre de ces deux voies, en retenant la plus favorable à l'établissement.

2030

Réduction de 40 % de la consommation énergétique

Par rapport à l'année de référence (2010 ou autre année choisie entre 2010 et 2019). Premier jalon obligatoire avec déclaration sur OPERAT avant le 30 septembre 2031.

2040

Réduction de 50 % de la consommation énergétique

Deuxième jalon intermédiaire. Les EHPAD doivent planifier dès maintenant les investissements nécessaires pour atteindre cet objectif dans la continuité des actions 2030.

2050

Réduction de 60 % de la consommation énergétique

Objectif final aligné sur la neutralité carbone. Nécessite une transformation profonde de l'enveloppe thermique et des systèmes énergétiques de l'établissement.

Qui est responsable de la conformité ?

La responsabilité de la conformité au Décret Tertiaire incombe conjointement au propriétaire et à l'occupant du bâtiment. Pour les EHPAD en location, le bail doit préciser la répartition des obligations déclaratives et des investissements. En l'absence de convention, l'ADEME peut mettre en demeure indifféremment le propriétaire ou le gestionnaire.

Surface de plancher supérieure ou égale à 1 000 m²
Activité médico-sociale ou d'hébergement avec soins (EHPAD, USLD, résidence autonomie)
Bâtiment existant au 1er octobre 2021 ou mis en service après cette date
Gestionnaire ou propriétaire identifiable et enregistrable sur la plateforme OPERAT
Consommations énergétiques mesurables et déclarables (factures, compteurs)
Risque identifié
En cas de non-conformité, les sanctions peuvent atteindre 1 500 €/m²/an selon l'article L. 174-4 du Code de la construction et de l'habitation. Pour un EHPAD de 3 000 m², l'amende maximale théorique s'élève à 4,5 millions d'euros par an. La publication de la mise en demeure sur un site officiel ("name and shame") constitue un risque réputationnel supplémentaire.

Quels sont les jalons obligatoires et les échéances pour les EHPAD ?

Le Décret Tertiaire impose trois jalons de réduction énergétique avec des déclarations annuelles obligatoires sur la plateforme OPERAT. Le premier jalon en 2030 exige une réduction de 40 % de la consommation d'énergie primaire par rapport à l'année de référence choisie.

Les jalons du Décret Tertiaire ne sont pas de simples objectifs indicatifs : ils constituent des obligations légales dont le non-respect expose les gestionnaires d'EHPAD à des sanctions administratives. Selon la plateforme OPERAT de l'ADEME, chaque assujetti doit déclarer annuellement ses consommations énergétiques, permettant ainsi à l'administration de suivre la trajectoire de chaque établissement et d'identifier les retardataires.

Pour les EHPAD, la planification des jalons doit tenir compte des contraintes opérationnelles spécifiques : impossibilité d'interrompre l'activité pour des travaux lourds, nécessité de maintenir le confort thermique des résidents, et délais d'obtention des autorisations administratives (ARS, conseil départemental) pour les travaux de rénovation. Ces contraintes imposent d'anticiper les investissements bien avant les échéances réglementaires.

Jalon 2030 : réduction de 40 %

Le jalon 2030 est le plus immédiat et le plus critique pour les EHPAD. Il impose une réduction de 40 % de la consommation d'énergie primaire par rapport à l'année de référence. Pour un EHPAD dont la consommation de référence est de 300 kWh EP/m²/an, l'objectif 2030 est d'atteindre 180 kWh EP/m²/an ou moins. Les postes prioritaires à traiter sont le chauffage (40-50 % de la consommation totale), l'eau chaude sanitaire (20-30 %) et la ventilation (10-15 %).

Dans les EHPAD que nous accompagnons, le remplacement de la chaudière gaz par une pompe à chaleur air-air couplée à une GTB permet des réductions de 35 à 40 % de la consommation énergétique, avec des primes CEE couvrant 45 à 55 % de l'investissement total. Cette combinaison d'actions constitue souvent le socle de la stratégie 2030.

Jalons 2040 et 2050 : trajectoires de long terme

Les jalons 2040 (- 50 %) et 2050 (- 60 %) nécessitent une planification patrimoniale sur 25 ans. Pour les EHPAD, atteindre ces niveaux de réduction implique une transformation profonde de l'enveloppe thermique (isolation par l'extérieur, remplacement des menuiseries) et des systèmes énergétiques (passage aux énergies renouvelables, production locale d'énergie). Les établissements qui engagent dès maintenant leur rénovation globale bénéficient d'un avantage concurrentiel et évitent les surcoûts liés à l'urgence réglementaire.

Jalon Objectif de réduction Délai de déclaration OPERAT
2030 - 40 % vs année de référence Avant le 30/09/2031
2040 - 50 % vs année de référence Avant le 30/09/2041
2050 - 60 % vs année de référence Avant le 30/09/2051

Déclarations obligatoires et plateforme OPERAT

La plateforme OPERAT (Outil de Pilotage de la Réduction des consommations énergétiques des Assujettis Tertiaires) est le point central de la conformité au Décret Tertiaire. Chaque EHPAD assujetti doit y créer un compte, renseigner ses données de consommation annuellement et valider sa trajectoire de réduction. Les déclarations doivent être effectuées avant le 30 septembre de chaque année pour les données de l'année précédente.

1

Créer un compte sur OPERAT

S'inscrire sur la plateforme OPERAT de l'ADEME avec les informations de l'établissement (SIRET, adresse, surface de plancher, type d'activité médico-sociale).

2

Renseigner les données de consommation

Saisir les consommations annuelles par énergie (gaz, électricité, fioul, bois) en kWh, ainsi que les données d'activité (nombre de résidents, taux d'occupation) pour les ajustements climatiques.

3

Valider et soumettre la déclaration

Vérifier la cohérence des données, valider la trajectoire de réduction et soumettre la déclaration avant le 30 septembre. Conserver les justificatifs (factures, relevés de compteurs) pendant 10 ans.

Point d'attention
Les déclarations tardives ou incomplètes sur OPERAT constituent un manquement réglementaire susceptible d'entraîner une mise en demeure de l'ADEME. La première déclaration doit inclure les données de l'année de référence et les consommations depuis 2021. Les EHPAD n'ayant pas encore créé leur compte OPERAT sont en situation de non-conformité immédiate.

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Comment calculer la réduction énergétique pour un EHPAD ?

Le calcul de la réduction énergétique pour un EHPAD repose sur la mesure de la consommation d'énergie primaire en kWh EP/m²/an, comparée à une année de référence choisie entre 2010 et 2019. La méthode de calcul doit tenir compte des spécificités de l'occupation continue et des coefficients de conversion par énergie.

La méthodologie de calcul du Décret Tertiaire ne se résume pas à comparer deux factures énergétiques. Elle impose une conversion systématique des consommations d'énergie finale en énergie primaire, l'application de correctifs climatiques (DJU) et la prise en compte des variations d'activité. Pour les EHPAD, dont l'occupation est quasi constante tout au long de l'année, ces ajustements sont particulièrement importants pour éviter de pénaliser les établissements situés dans des zones climatiques défavorables.

Selon l'ADEME via la plateforme OPERAT, deux voies sont possibles pour atteindre l'objectif : soit une réduction relative de 40 % par rapport à l'année de référence, soit l'atteinte d'un seuil de consommation absolue défini par type d'activité. Les EHPAD ont intérêt à calculer les deux options et à retenir la plus favorable, ce qui peut représenter une différence significative selon l'état initial du bâtiment.

Énergie primaire vs énergie finale : quelle différence ?

L'énergie finale est l'énergie effectivement consommée et mesurée sur les factures (kWh gaz, kWh électricité). L'énergie primaire intègre les pertes liées à la production, au transport et à la distribution de l'énergie. Le Décret Tertiaire raisonne en énergie finale, mais les coefficients de conversion permettent de comparer les différentes énergies sur une base commune. Pour l'électricité, le coefficient est de 2,3 (chaque kWh électrique final équivaut à 2,3 kWh primaires), ce qui pénalise les EHPAD très électriques.

2,3
Électricité
Coefficient de conversion énergie finale → primaire (source : RT 2012 / RE 2020)
1,0
Gaz naturel / Fioul
Coefficient de conversion énergie finale → primaire pour les combustibles fossiles
1,0
Bois / Biomasse
Coefficient de conversion énergie finale → primaire pour les énergies renouvelables solides

Année de référence et données historiques

L'année de référence est choisie librement par l'assujetti parmi les années comprises entre 2010 et 2019. Pour les EHPAD, il est stratégique de choisir l'année présentant la consommation la plus élevée, afin de maximiser la marge de manœuvre pour atteindre les objectifs de réduction. Si les données historiques sont incomplètes, il est possible de reconstituer les consommations à partir des archives de facturation ou de réaliser un audit énergétique rétrospectif.

Bon à savoir
Pour les EHPAD ayant réalisé des travaux de rénovation avant 2021, il est possible de choisir une année de référence antérieure aux travaux pour bénéficier d'une base de calcul plus favorable. Consultez un expert en réglementation tertiaire pour optimiser ce choix, qui est définitif une fois déclaré sur OPERAT.

Méthode de calcul simple vs audit détaillé

Deux approches coexistent pour calculer et documenter la réduction énergétique d'un EHPAD. La méthode par factures est rapide et gratuite, mais elle manque de précision pour identifier les gisements d'économies et justifier les primes CEE. L'audit énergétique détaillé, obligatoire tous les 4 ans pour les grandes entreprises selon la directive européenne 2012/27/UE transposée en droit français, offre une vision complète et constitue le document de référence pour les dossiers CEE.

✗ Méthode simple (factures)

Approche par factures énergétiques

Précision limitée, pas de décomposition par usage
Insuffisant pour les dossiers CEE complexes
Ne permet pas d'identifier les gisements d'économies
✓ Audit énergétique détaillé

Approche par audit professionnel

Décomposition précise par poste (chauffage, ECS, ventilation)
Document de référence pour les dossiers CEE (coût : 3 000-8 000 €)
Identification des actions prioritaires et calcul du ROI

Quelles actions prioritaires pour atteindre les objectifs d'un EHPAD ?

Pour atteindre - 40 % en 2030, les EHPAD doivent agir sur quatre postes majeurs : chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation et gestion technique du bâtiment. Ces actions sont éligibles aux primes CEE, qui couvrent généralement 40 à 60 % du coût des travaux.

La stratégie de rénovation énergétique d'un EHPAD doit être construite selon une logique de rentabilité et d'impact réglementaire. Les postes de consommation les plus importants dans un EHPAD sont le chauffage (40-50 % de la consommation totale), l'eau chaude sanitaire (20-30 %), la ventilation (10-15 %) et l'électricité générale (20-25 %). Les actions prioritaires doivent cibler ces postes avec des investissements éligibles aux fiches CEE BAT-EN-101 (isolation toiture) et aux autres dispositifs du programme CEE tertiaire.

Les retours d'expérience sur le terrain sont éloquents : un EHPAD de 120 lits en région parisienne a obtenu 92 000 € de primes CEE pour l'isolation thermique, le remplacement de sa chaudière et l'installation d'une GTB, soit 50 % du coût total des travaux (185 000 €), avec un retour sur investissement estimé à 7 ans. Un autre EHPAD de 80 lits en Occitanie a obtenu 58 000 € de primes CEE pour l'isolation de sa toiture-terrasse et le remplacement de l'éclairage par du LED, représentant 53 % du coût total des travaux, avec des économies annuelles de 18 000 €.

1

Isolation thermique de l'enveloppe

Isolation de la toiture-terrasse, des murs par l'extérieur et remplacement des menuiseries. Économies potentielles : 15-25 % de la consommation totale. Fiches CEE applicables : BAT-EN-101 (isolation toiture) et BAT-EN-102 (isolation murs).

2

Remplacement de la chaudière et systèmes CVC

Remplacement de la chaudière gaz par une chaudière à condensation ou une pompe à chaleur. Économies : 20-30 %. Fiches CEE : BAT-TH-112 (chaudière gaz condensation) et BAT-TH-116 (pompe à chaleur). Voir aussi les CEE tertiaire régulation chauffage.

3

Optimisation de la ventilation et récupération de chaleur

Installation de systèmes de ventilation double flux avec récupération de chaleur. Économies : 10-15 %. Particulièrement pertinent pour les EHPAD dont la ventilation continue représente un poste de consommation élevé.

4

Gestion Technique du Bâtiment (GTB)

Installation d'une GTB pour piloter le chauffage, l'ECS et la ventilation en fonction de l'occupation réelle. Économies : 5-10 %. ROI rapide (3-5 ans) et outil de suivi des obligations Décret Tertiaire. Voir notre analyse du ROI installation GTB tertiaire.

Isolation thermique et rénovation de l'enveloppe

L'isolation thermique constitue le premier levier de réduction énergétique pour les EHPAD, en particulier pour les bâtiments construits avant 1990. L'isolation de la toiture-terrasse offre le meilleur rapport coût-bénéfice, avec des économies de 10 à 15 % sur le poste chauffage pour un investissement relativement modéré. L'isolation des murs par l'extérieur (ITE) est plus coûteuse mais permet d'atteindre des niveaux de performance thermique compatibles avec les jalons 2040 et 2050. Ces travaux sont éligibles à la rénovation globale tertiaire et aux primes CEE correspondantes.

Remplacement de chaudière et systèmes de chauffage

Le remplacement de la chaudière est souvent l'action la plus impactante pour un EHPAD. Une chaudière gaz à condensation permet de réduire la consommation de 15 à 20 % par rapport à une chaudière standard. Une pompe à chaleur air-eau ou géothermique peut atteindre des réductions de 30 à 40 %, mais nécessite une étude de faisabilité préalable compte tenu des besoins en eau chaude sanitaire des EHPAD. Un EHPAD de 150 lits en Auvergne-Rhône-Alpes ayant combiné GTB, panneaux solaires thermiques et amélioration de l'enveloppe thermique a atteint une réduction de 42 % de sa consommation énergétique, dépassant ainsi l'objectif de - 40 % du Décret Tertiaire pour 2030.

Optimisation de la ventilation et de la climatisation

La ventilation représente un poste de consommation spécifique aux EHPAD, où la qualité de l'air intérieur est une exigence réglementaire et sanitaire. Les systèmes de ventilation double flux avec récupération de chaleur permettent de réduire les pertes thermiques liées au renouvellement d'air tout en maintenant les débits réglementaires. L'installation de variateurs de vitesse sur les moteurs de ventilation offre des économies complémentaires de 5 à 8 %.

Gestion technique du bâtiment (GTB) et automatisation

La GTB est identifiée comme un levier prioritaire pour les EHPAD car elle offre un ROI rapide (3-5 ans) et permet de mesurer précisément les économies réalisées pour justifier les investissements suivants. En pilotant le chauffage, l'eau chaude sanitaire et la ventilation en fonction de l'occupation réelle des locaux, une GTB bien paramétrée génère des économies de 5 à 10 % sur la consommation totale. Elle constitue également un outil de suivi des obligations Décret Tertiaire, en fournissant des données de consommation précises pour les déclarations OPERAT.

15-25 %
Isolation thermique
Économies sur la consommation totale. Primes CEE : 40-50 % du coût des travaux
20-30 %
Remplacement chaudière
Économies sur le poste chauffage. Primes CEE : 45-55 % de l'investissement
5-10 %
GTB et automatisation
Économies sur l'ensemble des postes. ROI : 3-5 ans avec les primes CEE
Point d'attention
Les EHPAD doivent planifier leurs travaux de rénovation énergétique dès 2026 pour atteindre l'objectif de - 40 % en 2030. Les délais d'instruction des dossiers CEE (3 à 6 mois), les autorisations ARS et les contraintes de planning liées à l'occupation continue des établissements imposent d'anticiper les chantiers. Un démarrage tardif en 2028-2029 ne laisse plus suffisamment de temps pour atteindre l'objectif réglementaire.

Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité au Décret Tertiaire ?

Le non-respect des obligations du Décret Tertiaire expose les gestionnaires d'EHPAD à des amendes administratives pouvant atteindre 1 500 €/m²/an, ainsi qu'à une publication publique de la mise en demeure. Ces sanctions s'appliquent en cas d'absence de déclaration, de données inexactes ou de non-atteinte des objectifs de réduction.

Le régime de sanctions du Décret Tertiaire est défini par l'article L. 174-4 du Code de la construction et de l'habitation, tel que modifié par la loi Climat et Résilience de 2021. L'ADEME contrôle la conformité via la plateforme OPERAT et peut engager une procédure de mise en demeure à l'encontre des assujettis défaillants. Pour les EHPAD, qui opèrent souvent avec des marges financières contraintes et dépendent de financements publics, ces sanctions représentent un risque financier et réputationnel majeur.

Selon l'article L. 174-4 du Code de la construction et de l'habitation (Légifrance), la procédure de sanction comprend une mise en demeure préalable, un délai de régularisation, puis l'application de l'amende en cas de persistance du manquement. La publication de la mise en demeure sur un site officiel constitue une sanction complémentaire particulièrement redoutée dans le secteur médico-social, où la réputation de l'établissement conditionne son attractivité auprès des résidents et de leurs familles.

Montant des amendes et pénalités

Les amendes administratives prévues par le Décret Tertiaire sont calculées en fonction de la surface de plancher de l'établissement. Pour un EHPAD de 3 000 m², l'amende maximale théorique s'élève à 4,5 millions d'euros par an (3 000 m² × 1 500 €/m²/an). En pratique, les amendes effectivement appliquées tiennent compte de la bonne foi de l'assujetti, des efforts de mise en conformité engagés et des contraintes spécifiques de l'établissement. Néanmoins, même une amende partielle peut représenter un coût considérable pour un EHPAD.

Surface EHPAD Amende maximale théorique Coût annuel de non-conformité
1 000 m² 1 500 000 €/an Risque élevé
3 000 m² 4 500 000 €/an Risque critique
5 000 m² 7 500 000 €/an Risque maximal

Contrôles de l'ADEME et audit énergétique obligatoire

L'ADEME dispose d'un accès direct aux données déclarées sur OPERAT et peut croiser ces informations avec d'autres sources (données de réseau de distribution d'énergie, DPE, audits énergétiques). Les EHPAD faisant partie de groupes privés ou de réseaux associatifs sont particulièrement surveillés, car leurs données agrégées permettent de détecter les anomalies déclaratives. Les audits énergétiques obligatoires tous les 4 ans pour les grandes entreprises constituent également un point de contrôle réglementaire.

Risques réputationnels et impact sur l'établissement

Au-delà des sanctions financières, la non-conformité au Décret Tertiaire expose les EHPAD à des risques réputationnels significatifs. La publication de la mise en demeure sur le site de l'ADEME est accessible au grand public et peut influencer les décisions des familles lors du choix d'un établissement. Les conseils départementaux et les ARS, qui financent et contrôlent les EHPAD, sont également attentifs à la conformité réglementaire des établissements qu'ils habilitent. Enfin, les établissements non conformes peuvent se voir refuser l'accès à certains financements publics ou subventions pour leurs projets de rénovation.

Factures énergétiques annuelles depuis l'année de référence (conservation 10 ans)
Relevés de compteurs certifiés par le fournisseur d'énergie
Rapport d'audit énergétique (obligatoire tous les 4 ans pour les grandes entreprises)
Devis et factures des travaux de rénovation énergétique réalisés
Attestations de conformité des équipements installés (chaudière, GTB, isolation)
Historique des déclarations OPERAT avec accusés de réception
Risque identifié
Les EHPAD appartenant à des groupes privés ou des associations gérant plusieurs établissements sont soumis à une obligation d'audit énergétique tous les 4 ans en vertu de la directive européenne 2012/27/UE. Le non-respect de cette obligation constitue une infraction distincte du Décret Tertiaire, passible d'une amende de 2 % du chiffre d'affaires annuel. La combinaison des deux sanctions peut représenter un risque financier considérable pour les groupes médico-sociaux.

Un EHPAD de 150 lits ayant combiné GTB, panneaux solaires thermiques et amélioration de l'enveloppe thermique a atteint une réduction de 42 % de sa consommation énergétique, dépassant ainsi l'objectif de - 40 % du Décret Tertiaire pour 2030.

— Retour terrain, gestionnaire de patrimoine tertiaire, 2025

Questions fréquentes

Les réponses aux interrogations les plus courantes sur ce sujet.

Oui, votre EHPAD est obligatoirement soumis au Décret Tertiaire si sa surface utile dépasse 250 m². Les établissements médico-sociaux sont classés comme bâtiments tertiaires au même titre que les bureaux ou hôtels. Cette obligation s'applique à tous les EHPAD, qu'ils soient privés ou publics. Seules exceptions : les bâtiments historiques protégés au titre du patrimoine ou ceux présentant des contraintes architecturales justifiées et documentées auprès de l'ADEME.

Le délai pour atteindre les 40 % de réduction énergétique est fixé au 31 décembre 2030. Vous devez déclarer votre consommation énergétique 2030 avant le 30 juin 2031 sur la plateforme OPERAT de l'ADEME. Les données doivent être certifiées ou auditées selon la méthode choisie. Le non-respect de cette échéance expose votre EHPAD à des sanctions administratives pouvant atteindre 1 500 euros par mètre carré et par an.

La méthode simple par factures est gratuite mais moins précise pour les EHPAD complexes. L'audit énergétique, coûtant entre 3 000 et 8 000 euros, est plus fiable et obligatoire tous les quatre ans. Pour les EHPAD visant les Certificats d'Économie d'Énergie, l'audit est recommandé car il justifie les travaux et optimise les primes. Choisissez l'audit si votre EHPAD envisage des rénovations importantes ou si la méthode simple ne permet pas d'atteindre les 40 % de réduction.

Les travaux éligibles aux Certificats d'Économie d'Énergie pour les EHPAD incluent l'isolation thermique de la toiture, des murs et des fenêtres, le remplacement de chaudière gaz condensation, l'installation de pompes à chaleur, la ventilation double flux avec récupération de chaleur, et la mise en place d'une gestion technique du bâtiment. Consultez les fiches CEE BAT-EN et BAT-TH applicables à votre établissement pour connaître les conditions précises d'éligibilité et les économies potentielles.

L'ADEME peut infliger une amende administrative jusqu'à 1 500 euros par mètre carré et par an en cas de non-respect de l'objectif 2030. Pour un EHPAD de 3 000 m², cela représente un coût potentiel de 4,5 millions d'euros. Au-delà de la sanction financière, un plan de rattrapage peut être exigé pour les jalons suivants. Les risques réputationnels et l'impact sur l'attractivité de l'établissement auprès des résidents et familles constituent également des enjeux majeurs.

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